Une commande affichée à 30 € ne laisse pas 30 € au restaurateur. La Commission Uber Eats s’applique selon le contrat, puis s’ajoutent parfois les frais de service, la TVA sur la facture de plateforme, la publicité et les remboursements clients. Le calcul commission doit donc partir du montant réellement reversé, pas du taux annoncé par un commercial.
- Un contrat avec livraison assurée par la plateforme se situe fréquemment entre 25 % et 30 % HT de commission en France, selon la zone et le volume.
- La TVA de 20 % sur cette commission est une charge de trésorerie à intégrer, même si son traitement fiscal dépend de votre situation comptable.
- Les campagnes sponsorisées, promotions financées par le restaurant et litiges peuvent ajouter plusieurs points au coût du canal.
- La livraison reste utile pour l’acquisition de clients, mais les habitués doivent pouvoir commander sur un canal direct correctement organisé.
Combien prend Uber Eats à un restaurateur sur une commande
Le taux affiché dans un contrat Uber Eats ne suffit pas à mesurer ce que coûte une Plateforme de livraison. Les contrats observés en France au premier trimestre 2026 montrent généralement une commission comprise entre 15 % et 18 % HT lorsque le restaurant assure lui-même les livraisons, puis entre 25 % et 30 % HT lorsque la plateforme fournit les livreurs. Certains accords de visibilité renforcée dépassent 30 % HT, mais ils concernent surtout des enseignes, des zones très concurrentielles ou des volumes négociés.
Pour un indépendant qui démarre avec les livreurs Uber Eats, une base prudente consiste à travailler sur 27 % HT de commission. Ce taux vise le montant hors taxes des produits vendus, selon les conditions contractuelles. Il ne faut pas mélanger le prix TTC payé par le client, la TVA collectée sur les ventes et la TVA facturée par Uber Eats sur sa prestation. C’est précisément là que beaucoup de prévisions deviennent trop favorables.
Le taux de commission dépend du service réellement fourni
Le service de mise en relation seul coûte moins cher parce que vous fournissez les chauffeurs, la planification et la responsabilité du dernier kilomètre. Avec une flotte interne, vous supportez les salaires, les assurances, les véhicules, l’attente entre deux courses et les absences. Le taux réduit n’est donc pas une économie automatique. En dessous d’environ 40 commandes livrées par jour sur un secteur compact, une équipe de livraison dédiée peut coûter plus que l’écart de commission.
Le contrat avec livreurs intégrés achète une capacité logistique immédiatement disponible. C’est pratique aux heures où votre salle est pleine et où personne ne peut sortir faire une course. En échange, la plateforme prélève sa part sur chaque ticket, y compris quand votre cuisine a déjà fait l’effort de production, d’emballage et de contrôle. Les Coûts de livraison ne se limitent donc pas au coursier visible sur l’application.
| Formule de distribution | Commission constatée au 1er trimestre 2026 | Service généralement inclus | Charge restant au restaurant |
|---|---|---|---|
| Livraison assurée par le restaurant | 15 % à 18 % HT | Référencement et prise de commande | Livreurs, véhicules, assurance et planning |
| Livraison assurée par Uber Eats | 25 % à 28 % HT | Référencement, commande, livreurs et outils de suivi | Production, emballage, temps de remise et litiges |
| Visibilité renforcée et publicité | 28 % à 33 % HT avant publicité | Services précédents et options de mise en avant | Budget promotionnel et contrôle du rendement |
La gestion restaurant doit séparer le chiffre d’affaires encaissé au comptoir de celui généré par l’application. Les deux canaux n’ont ni le même coût, ni le même rythme, ni le même risque d’erreur. Un burger vendu sur place mobilise une caisse, un sac et du personnel de comptoir. Le même burger vendu en livraison demande un emballage qui tient vingt minutes, une remise sans oubli et une commission qui réduit immédiatement la recette disponible.
Le premier chiffre à demander avant signature est la base exacte de calcul inscrite dans votre contrat, avec les options activées et les frais mensuels éventuels. Sans ce document, un taux annoncé n’est pas une prévision de marge.
Calcul commission Uber Eats sur un panier de 30 euros TTC
Le calcul doit se faire ligne par ligne. Prenons une commande affichée à 30 € TTC, avec une TVA de vente supposée à 10 % sur les produits concernés. Son chiffre d’affaires hors taxes est de 27,27 €. Si la commission contractuelle est de 27 % HT, Uber Eats facture 7,36 € HT. La TVA à 20 % sur cette prestation porte la facture de commission à 8,83 € TTC, avant tout autre poste.
Le restaurateur ne peut donc pas considérer qu’il conserve 22,64 € sur une vente de 30 € TTC. Il doit ensuite payer ses matières, son emballage, une part de main-d’œuvre, son énergie et son loyer. La TVA sur la commission peut être récupérable sous réserve du régime de TVA de l’entreprise. Ce point relève de l’expert-comptable, pas d’un calcul de terrain. En trésorerie, la facture arrive néanmoins avec son montant TTC.
Un ticket livré doit absorber les frais qui restent à votre charge
Sur un panier de 30 € TTC, un snack peut avoir 8,20 € HT de matière première et 0,70 € HT d’emballage adapté à la livraison. La base de travail est alors de 27,27 € HT de ventes, moins 7,36 € HT de commission, moins 8,20 € HT de matière et moins 0,70 € HT de consommables. Il reste 11,01 € HT avant salaires, charges sociales, énergie, loyers, pertes, remises et impôts.
Ce reste n’est pas une marge nette. Il sert encore à faire tourner le restaurant. Si votre équipe prend trois minutes supplémentaires par commande parce que les sauces, boissons et couverts sont mal organisés, la perte se cache dans la cadence. À 25 commandes concentrées entre 12 h et 13 h, cela représente 75 minutes de travail qui ne sont souvent comptées nulle part.
Le prix de vente livraison doit donc être étudié séparément du prix comptoir, dans le respect des règles d’affichage applicables. Beaucoup d’établissements créent une carte dédiée, avec des menus qui supportent mieux le sac, une boisson mieux valorisée et des suppléments simples à produire. Cette logique rejoint l’analyse des écarts entre prix des repas de street food, où le coût de la portion ne se limite jamais à l’aliment posé dans la barquette.
Vous ne saurez pas ce que vous gagnez sur la livraison tant que le coût matière, l’emballage et le temps de préparation ne seront pas calculés au ticket. Le chiffre d’affaires de l’application peut monter alors que l’argent disponible baisse.
Une erreur fréquente consiste à inclure une boisson, deux sauces et un dessert dans un menu à faible ticket moyen. Les ajouts augmentent la matière, complexifient le contrôle de commande et font grimper les litiges. Un menu livré doit rester lisible. Trois ou quatre composants bien tenus valent mieux qu’une offre longue qui ralentit la ligne de production.
Le panier moyen joue aussi sur la perception du taux. À pourcentage identique, une commande de 12 € laisse peu de place après l’emballage et la préparation. Une commande de 24 € avec deux produits compatibles avec votre production absorbe mieux les coûts fixes de remise. Il ne s’agit pas de pousser le client à payer plus sans raison, mais de construire une offre où chaque supplément a un coût et une utilité.
Les frais de service Uber Eats qui font monter le coût réel
Le taux principal n’est qu’une ligne de facture. Les frais de service facturés au marchand peuvent représenter environ 1,5 % à 2 % du chiffre d’affaires hors taxes selon le contrat et la zone, données à vérifier sur votre relevé 2026. Ajoutez une campagne publicitaire à 5 % ou 6 % du chiffre d’affaires et le coût commercial monte vite. Un restaurateur qui ne suit que la ligne « commission » ne voit pas la totalité de ce qu’il verse.
Les Sponsored Ads ne sont pas juridiquement obligatoires dans tous les contrats. Dans certaines zones, elles deviennent pourtant difficiles à ignorer si les concurrents achètent les premières positions. Le problème n’est pas d’utiliser de la publicité. Le problème est de la laisser tourner sans plafond, sans créneau défini et sans vérifier les ventes incrémentales qu’elle produit réellement.
Publicité, promotions et litiges doivent être suivis séparément
Une remise de 15 % affichée au client peut être cofinancée par le restaurant. Selon la mécanique commerciale proposée, votre part peut représenter 7 % à 10 % du panier concerné. Si cette réduction se cumule avec 27 % de commission, un emballage à 0,70 € et une matière déjà haute, le menu promotionné peut devenir une vente à faible contribution. Le volume ne corrige pas un ticket vendu trop bas.
Les litiges ont le même défaut. Une boisson manquante, un produit jugé froid ou une erreur de préparation déclenchent un remboursement, parfois imputé à l’établissement. Sur certains relevés, ces pertes représentent 1 % à 2 % du chiffre d’affaires réalisé sur la plateforme. Il faut photographier les sacs fermés lorsque le flux le permet, utiliser une check-list de remise et désigner une personne responsable du contrôle à l’heure de pointe.
- Exportez chaque mois les factures de commission, les avoirs et les dépenses publicitaires dans un fichier distinct du chiffre d’affaires comptoir.
- Fixez un plafond de publicité exprimé en euros par semaine, puis comparez les commandes attribuées à cette dépense avec les commandes habituelles.
- Relevez les motifs de litiges pendant quatre semaines afin d’identifier les produits, créneaux et postes de préparation qui génèrent les remboursements.
- Supprimez de la carte livraison les produits qui voyagent mal ou qui exigent trop de manipulations au moment du conditionnement.
Un exemple de lecture complète sur 25 000 € HT de ventes mensuelles est parlant. Avec 27 % de commission, 1,5 % de frais de service, 6 % de publicité et 1,5 % de litiges, les prélèvements hors TVA atteignent 9 000 €. La TVA à 20 % sur la commission ajoute 1 350 € de décaissement avant récupération éventuelle. Le total de facture et de dépenses associées approche alors 10 350 €, soit 41,4 % du CA HT dans cet exemple précis.
Ce calcul ne signifie pas que chaque restaurant paie ce pourcentage. Il montre pourquoi l’analyse financière doit reprendre tous les relevés et toutes les promotions. Le contrat peut annoncer 27 %, tandis que le compte d’exploitation constate bien davantage.
Commission Uber Eats, Deliveroo et Just Eat selon votre mode de livraison
Comparer les plateformes uniquement sur un pourcentage affiché donne une mauvaise réponse. Deliveroo, Just Eat et Uber Eats n’ont pas les mêmes modèles de service, les mêmes zones de couverture ni la même capacité à apporter des commandes à certaines heures. Au premier trimestre 2026, les fourchettes généralement rencontrées pour les services avec livreurs se situent autour de 25 % à 35 % selon le contrat, le secteur et les options. Il faut demander une proposition écrite comparable avant de choisir.
Just Eat peut proposer un coût plus bas quand l’établissement organise lui-même son transport, avec des taux souvent cités autour de 12 % à 14 % HT pour ce modèle. Lorsqu’il fournit le service de livraison, la fourchette peut remonter autour de 28 % à 30 % HT. Deliveroo se situe fréquemment entre 22 % et 25 % HT avant dépenses de visibilité sur certains contrats, mais le taux seul ne garantit ni le volume ni le panier moyen.
| Canal | Fourchette de commission HT constatée au 1er trimestre 2026 | Éléments à contrôler avant signature | Usage pertinent |
|---|---|---|---|
| Uber Eats avec livreurs | 25 % à 30 % | TVA, frais de service, publicité, litiges | Acquisition et couverture logistique |
| Deliveroo avec livreurs | 22 % à 25 % sur certains accords | Zone, budget marketing et conditions de remboursement | Comparaison de visibilité locale |
| Just Eat avec livreurs | 28 % à 30 % | Disponibilité des coursiers et délai de reversement | Canal complémentaire selon la ville |
| Livraison gérée par le restaurant | 12 % à 18 % | Coût complet des véhicules et des équipes | Zone dense et volume régulier |
La comparaison utile part de la contribution par commande
Demandez à chaque plateforme le taux HT, les frais annexes, le délai de paiement, le traitement des annulations, les options publicitaires et les données d’accès à vos clients. Un taux à 24 % avec un budget promotionnel laissé sans limite peut coûter plus qu’un taux à 27 % strictement encadré. La bonne comparaison se fait sur un mois de ventes réalistes, pas sur la meilleure semaine de lancement.
Les restaurateurs qui ont déjà une clientèle de proximité doivent aussi regarder le coût du canal direct. Un site de commande, une caisse connectée, le paiement en ligne et une solution de retrait ont un coût fixe ou des frais de paiement. Ils ne sont pas gratuits au sens large. En revanche, ils évitent la commission proportionnelle de 25 % à 30 % sur chaque panier, ce qui change la structure des Marges bénéficiaires.
La fiabilité de la prise de commande doit rester la même partout. Une erreur entre la caisse et la tablette se transforme en remboursement, en commentaire négatif et en temps perdu. Le fonctionnement d’une caisse enregistreuse de restaurant doit être choisi pour limiter les doubles saisies et suivre les ventes par canal. Les obligations liées aux logiciels de caisse et à la TVA doivent être validées avec votre expert-comptable et les références officielles en vigueur.
Ne signez pas deux ou trois plateformes avant d’avoir mesuré votre capacité de production. Si votre friteuse, votre poste froid ou votre équipe plafonnent à 40 commandes par heure, ajouter des flux numériques ne crée pas de capacité. Cela allonge les délais et augmente les remboursements.
Réduire la commission Uber Eats sans dégrader les commandes
La première action consiste à négocier avec des chiffres. À partir d’un volume régulier, par exemple 20 000 € HT mensuels réalisés sur Uber Eats, un restaurateur peut demander une révision de taux, une période sans publicité imposée ou une clarification des frais de service. Une baisse de 27 % à 23 % sur ce volume représente 800 € HT de commission en moins par mois. Rien ne garantit l’acceptation, mais une demande sans historique de chiffre d’affaires ni offre concurrente a peu de poids.
La deuxième action est de maîtriser la publicité. Coupez ou réduisez une campagne pendant quatre semaines, à périmètre comparable, puis regardez les commandes, le panier moyen et la contribution restante après dépenses. Une baisse de 15 % du chiffre d’affaires peut être acceptable si elle supprime 6 % de dépense publicitaire et les commandes les moins profitables. Cette décision dépend de vos chiffres, de votre quartier et de la concurrence, pas d’une règle générale.
Le canal direct protège les commandes déjà acquises
Uber Eats peut servir de vitrine pour faire connaître votre établissement. Le client qui vous cherche ensuite par votre nom sur Google, qui appelle le restaurant ou qui passe devant votre point de vente ne doit pas être renvoyé automatiquement vers un intermédiaire. Une commande directe peut passer par un site de retrait, une ligne téléphonique bien tenue ou une solution de paiement adaptée. Le client doit obtenir une réponse rapide et une carte claire.
Une offre de commande directe facturée par abonnement peut être examinée à partir de son coût réel. Un abonnement Pro annoncé à 19,99 € HT par mois et sans commission sur la commande doit être comparé aux frais de paiement, souvent autour de 1,4 % plus 0,25 € par transaction avec certains prestataires. Sur un panier de 25 €, le coût de paiement est alors d’environ 0,60 €, hors abonnement. Face à une commission de 30 % représentant 7,50 €, l’écart est net, mais il faut encore financer la communication, le retrait ou votre propre livraison.
Avec cette hypothèse, trois commandes mensuelles déplacées d’un canal à 30 % vers le direct couvrent presque un abonnement à 19,99 € HT, avant frais de paiement. Le calcul est mécanique. Il ne dit pas que les clients vont tous quitter la plateforme. La priorité est de récupérer progressivement les habitués sans couper le flux d’acquisition qui apporte de nouveaux clients.
L’Optimisation des revenus passe aussi par la carte. Retirez les produits dont la texture se dégrade en 20 minutes, proposez des suppléments faciles à contrôler et limitez les variantes qui ralentissent le poste d’emballage. Les techniques de produits sensibles, comme le maintien d’une panure de poulet frit croustillante, doivent être adaptées au transport. Une recette appréciée au comptoir peut être mauvaise en livraison si la vapeur ramollit la croûte dans un emballage fermé.
Entre une commande plateforme et une commande directe, gardez la plateforme pour sa visibilité et construisez le direct pour les clients qui vous connaissent déjà. C’est la séparation qui évite de payer une commission élevée sur une vente que vous auriez pu conserver.
Uber Eats prend-il toujours 30 % aux restaurants ?
Non. Au premier trimestre 2026, les commissions observées vont souvent de 15 % à 18 % HT lorsque le restaurant livre lui-même, et de 25 % à 30 % HT lorsque Uber Eats fournit les livreurs. Le taux exact figure dans le contrat et dépend notamment de la zone, du volume et des options activées.
Pourquoi le coût réel dépasse-t-il la commission affichée ?
La facture peut inclure la TVA à 20 % sur la commission, des frais de service marchand, de la publicité sponsorisée, des promotions financées par le restaurant et des remboursements liés aux litiges. Chaque poste doit être isolé dans le suivi mensuel.
Faut-il augmenter les prix sur Uber Eats ?
Un prix livraison distinct peut se justifier si les frais d’emballage, de préparation et de plateforme rendent le prix comptoir insuffisant. Vérifiez les règles d’affichage, la concurrence locale et la contribution réelle par commande avant de modifier la carte.
Peut-on garder Uber Eats et développer les commandes directes ?
Oui. La plateforme peut continuer à apporter de nouveaux clients tandis qu’un site, le retrait sur place ou la commande téléphonique servent les habitués. Le canal direct a lui aussi des coûts de paiement, de communication et parfois de livraison, mais il évite la commission proportionnelle de la plateforme.